.
Comment vous faire comprendre que plus rien ne compte à mes yeux, si ce n'est les larmes qui y coulent chaque jour ? Comment vous montrer que j'ai plus besoin que jamais de quelqu'un près de moi ? Mais toutes vos paroles me font mal.
Je suis désolée pour tout ce que j'ai pu faire, et pour tout ce que j'aurais dû faire peut être.
Je voudrais redevenir celle que j'étais il n'y a encore pas si longtemps, cette fille souriante et forte, mais le courage a déserté mon corps depuis 3 mois. Je tombe progressivement dans l'oubli des autres et de moi-même, je me laisse dériver en ayant bien conscience de mes actes. Et les personnes qui croient m'aider ne parviennent en fait qu'à me repousser toujours plus loin vers le large. De façon à n'être plus qu'un petit point sur l'horizon, minuscule, indétectable, bientôt inexistant, voué à disparaitre dans l'immensité. On m'offre des conseils, des mots, tout ce dont je n'ai pas besoin bien que je sois reconnaissante. Mais personne ne me propose une présence, rien qu'une présence, au lieu de toutes ces phrases ridicules. Je ne ressens aucun réconfort. Je me demande juste si je dois de nouveau m'excuser pour ceci. Tout s'effondre sous mes pieds comme un tas de poussière et je perds l'équilibre car il ne se trouve qu'un fil, mince et fragile, sur lequel m'appuyer.
J'égare mes mots au milieu de toutes les pensées qui se bousculent dans mon crâne, je ne parviens pas à exprimer le véritable sens de ce que je tente de formuler. Je ne sais que dire de plus et pourtant tellement de choses veulent s'extérioriser : des douleurs impossibles à transcrire sur une page vierge, et même à ordonner à l'intérieur de mon esprit afin de former au moins l'ébauche d'un sens tangible.
Il fait tellement mort dehors.
Bonjour, je suis dépressive.
On est fatigué, on n'éprouve plus de plaisir, on est triste... mais pas triste comme d'habitude, non, ça n'a rien à voir avec un « coup de déprime »... On se sent coupé de tout et c'est tellement plus douloureux...
Certains événements de la vie très perturbants ou un stress excessif et permanent peuvent favoriser l'apparition d'une dépression. Par exemple, la mort d'un être cher, la perte d'un travail, une rupture affective, des conflits familiaux ou sociaux, une maladie...
En plus des facteurs précipitants et des facteurs de risque, la présence ou l'absence de facteurs de protection dans l'environnement de la personne peut aussi jouer un rôle. Par exemple, l'absence de de personnes proches réconfortantes et valorisantes ou l'engagement dans des activités personnelles intéressantes ces facteurs peut faciliter l'apparition (ou la réapparition) de la dépression.
Des mécanismes psychologiques particuliers sont également impliqués dans la dépression : sentiments de perte, conflits moraux, croyances négatives, mauvaise estime de soi (« Je ne peux rien faire de bon », « Je ne vaux rien »...). Certains styles de comportements (sur les plans intellectuel, émotionnel, relationnel), ainsi que certains modes de défense psychologiques peuvent favoriser l'émergence et le maintien d'une dépression.
Forme physique : se sentir à bout
Fatigue : même sans avoir fait d'efforts particuliers, la personne éprouve en permanence une sensation de manque d'énergie. Cette sensation omniprésente vient s'ajouter au découragement et à la douleur physique et morale. Une des caractéristiques de cette fatigue dépressive est que ni le repos, ni le sommeil ne l'atténuent.
Ralentissement général : la dépression ralentit tous les gestes ; il faut donc plus de temps pour accomplir les tâches habituelles. On n'a pas la force. Les émotions, les pensées et les actions sont comme « engluées » par la maladie. Les mouvements du visage sont diminués, il en ressort une impression d'inexpressivité qui peut laisser croire à de l'indifférence. La parole est lente, traînante. La personne a le sentiment de ne plus être capable de réagir. Certaines fonctions du corps, comme la digestion, sont également ralenties.
Vie affective : être à plat
Tristesse intense : dans la dépression, la tristesse est particulièrement douloureuse, incompréhensible et envahissante, souvent accompagnée de pleurs sans motif et d'un sentiment de désespoir.
Incapacité à éprouver du plaisir : chez les personnes souffrant de dépression, les petits plaisirs de la vie (écouter de la musique, voir ses amis, lire son journal...) disparaissent. Tout paraît égal, terne, sans intérêt. La vie a perdu tout sens, tout goût, toute couleur.
Hypersensibilité émotionnelle : les personnes souffrant de dépression réagissent avec une grande sensibilité aux situations de la vie quotidienne (comme s'il manquait un « espace d'amortissement » entre elles et leur environnement). En même temps, elles peuvent avoir l'impression d'être vides, de ne plus éprouver d'émotions. C'est comme si elles étaient à la fois « anesthésiées » et hypersensibles.
Impressions d'abandon, d'inutilité, de solitude : ces impressions cohabitent avec le sentiment de ne pas être aimé des autres, de n'avoir rien à dire qui puisse les intéresser.
Fonctionnement intellectuel : voir tout en noir
Ralentissement intellectuel : en cas de dépression, il devient difficile de réfléchir, de trouver les mots, de parler avec fluidité. On a l'impression d'avoir la tête vide, que le monde est devenu trop compliqué, qu'on ne saura pas s'y adapter, y faire face. Il faut faire un effort très important pour accomplir des tâches qui, jusqu'alors, s'effectuaient naturellement, sans y penser.
Dévalorisation de soi et culpabilité : la personne qui souffre de dépression ne se sent bonne à rien ; elle se pense sans valeur ; elle s'accuse d'être responsable des événements pénibles qu'elle vit et des émotions désagréables qu'elle ressent. Cette impression lui paraît tellement définitive qu'il lui est difficile de demander de l'aide et de croire qu'un traitement peut changer quelque chose.
Pensées négatives : la personne analyse les événements de sa vie et les opinions des autres sous un angle systématiquement négatif.
Mécanismes du corps : tout se dérègle
Dégradation du sommeil : le sommeil est souvent mauvais, moins profond, très court et peu réparateur. Le petit matin (de 3 à 5 heures du matin) est souvent marqué par un réveil précoce, avec impossibilité de se rendormir et une grande souffrance morale. Dans d'autres cas, le sommeil est en excès ; on parle de « sommeil refuge », comme si celui-ci correspondait à un besoin de « fuir ». Mais ce trop plein de sommeil est insatisfaisant et plutôt abrutissant.
Altération de l'appétit : l'appétit est le plus souvent diminué (les aliments semblent sans goût, l'assiette paraît trop remplie). La préparation des repas devient une corvée, leurs horaires se font irréguliers, leur composition déséquilibrée. La perte de poids est souvent un signe important pour établir le diagnostic de dépression. À l'inverse, on observe parfois une augmentation de la prise d'aliments (surtout sucrés) pouvant conduire à une prise de poids.
Les conséquences de ces symptômes dépressifs sur le fonctionnement quotidien de la personne sont considérables. Toutes les relations sont affectées : au sein du couple et de la famille, avec les amis, dans le milieu professionnel.
[...]